L'histoire du mexique

1. Le Mexique précolombien

Les plus anciens occupants du Mexique sont des chasseurs-collecteurs nomades, représentés par l'homme de Tepexpan, qui remonte à 10000 avant J.-C.

La culture du maïs, qui va bouleverser les conditions de vie, apparaît progressivement. La plus ancienne utilisation connue du maïs est située à Tehuacán dans la phase Coxcatlán (5200-3400 avant J.-C.). Dès lors, la subsistance se fait moins difficile et les chasseurs s'établissent dans de petits villages. En plus du maïs, ils cultivent le piment, le haricot et la courge. Cette forme de vie de petits agriculteurs sédentaires correspond à la première partie de la période préclassique (2000-1000 avant J.-C.). Au préclassique moyen (1500-300 avant J.-C.) apparaît la première civilisation mésoaméricaine, celle des Olmèques, sur la côte du golfe du Mexique. On attribue aux Olmèques l'invention du calendrier, de l'écriture hiéroglyphique, du jeu de balle, des marchés et la construction des premiers temples en dur.

C'est au classique (250-950 après J.-C.) que s'épanouissent les civilisations les plus spectaculaires. Au Mexique central apparaît celle de Teotihuacán. Véritable métropole qui atteint 11 km2 de superficie, la ville de Teotihuacán réussit l'unification de toute la vallée de Mexico, et son influence s'exerce jusqu'au Guatemala.

Sur la côte du golfe du Mexique, dans l'État actuel de Veracruz, se trouve le centre cérémoniel d'El Tajin, dont la construction la plus notable est la pyramide des niches.

Dans le territoire de l'État actuel d'Oaxaca, les Zapotèques avaient pour capitale Monte Albán. Au cours du classique, les Zapotèques ont construit plus de 200 centres urbains. À Monte Albán, la civilisation zapotèque a été marquée, durant le préclassique moyen, par des influences olmèques et, ultérieurement, par celles des Mayas et de Teotihuacán. Vers 900 de notre ère, Monte Albán est abandonnée, et les Zapotèques construisent un nouveau centre, Mitla, au sud-ouest d'Oaxaca.

Chichén Itzá
Chichén Itzá

Les débuts de la civilisation maya remontent au préclassique. Au classique, les Mayas vont élaborer une remarquable civilisation. À la différence d'autres peuples mésoaméricains, ils ne construisent pas de grands empires, mais bâtissent des cités-États. Dans le Mexique central, ils fondent Palenque et Toniná. Dans la zone nord (Yucatán), une architecture locale se développe avec les styles de Rio Bec, Chenes et Puuc. Pourtant, on y trouve aussi des cités, comme Cobá, stylistiquement reliées à l'architecture de la région de Péten, au Guatemala.

Au postclassique (950-1500 après J.-C.) commence une époque d'instabilité provoquée surtout par les invasions des tribus nomades chichimèques, venues du Nord.

Tula, atlantes en basalte
Tula, atlantes en basalte

Dans la vallée de Mexico, l'hégémonie de Teotihuacán, détruite vers 600 après J.-C., passe, pendant la première partie du postclassique, à Tula, capitale des Toltèques. L'Empire toltèque s'étend sur le Mexique central jusqu'au xiie s., quand de nouveaux groupes chichimèques envahissent la région et détruisent, en 1168, la ville de Tula. L'art des Toltèques, comme celui de la plupart des cultures du postclassique mésoaméricain, reflète le caractère guerrier de la société qui l'a sécrété. Au xiiie s., les Mixtèques pénètrent dans le territoire zapotèque. Ils utilisent Monte Albán comme lieu de sépulture de leurs chefs. Le style mixtèque aura une grande diffusion durant le postclassique. On retrouve à Cholula un style mixteca-puebla et à Mitla des peintures polychromes et des mosaïques en pierre de pur style mixtèque.

Sur la côte du Golfe, le plus important centre du postclassique, Cempoala, est construit par les Totonaques. La région des Huaxtèques atteint son plein épanouissement au postclassique. La sculpture en pierre représentant des personnages-rois, des prêtres ou des dieux ainsi que la céramique, en particulier celle qui provient du site de Pánuco, caractérisent cette période. Selon les chroniqueurs mayas, ce sont les Toltèques, dirigés par Topiltzin Quetzalcóatl, qui seraient à l'origine de la renaissance de la civilisation maya au Yucatán, dont témoigne la ville de Chichén Itzá, qui prend l'hégémonie politique et artistique de la région jusqu'à son abandon en 1224 environ. Mayapán devient la capitale du Yucatán pour être à son tour abandonnée vers 1450, alors que la péninsule est le théâtre de luttes intestines entre cités qui rivalisent pour la prise du pouvoir. Tulum, sur la côte est, date de cette époque. La dernière vague de chichimèques est celle des Aztèques. Petite tribu venue d'Aztlán, les Mexicas finissent par dominer tout le plateau du Mexique central et étendent leur influence sur la plupart du territoire mexicain. Excellents administrateurs et habiles guerriers, les Aztèques créent une civilisation originale issue de l'amalgame d'éléments de cultures mésoaméricaines contemporaines ou même antérieures et dont ils se disent les héritiers. Mais la conquête espagnole commence.

2. La conquête

Cortes hernan loc
Hernán Cortés

Après l'échec de Francisco Fernández de Córdoba sur la côte maya (1517), Cortés débarque au Tabasco (1519), puis à Veracruz. Il tire parti des haines que les Aztèques ont provoquées par leur récente conquête et il obtient l'alliance des peuples soumis et de la République indépendante de Tlaxcala. Il entre à Mexico sans résistance, car une peur religieuse atteint l'empereur aztèque Moctezuma II (présage sur la fin d'un cycle du monde, retour du dieu Quetzalcóatl). La révolte des Aztèques éloigne un temps les Espagnols de Mexico (juin 1520). Ils y reviennent avec leurs alliés tlaxcaltèques et, après un siège très dur, tandis que des épidémies ravagent la population, Tenochtitlán est prise (août 1521). La résistance du successeur de Moctezuma, Cuauhtémoc, est sans espoir. Cortés, nommé gouverneur et capitaine général parCharles Quint dès 1522, puis ses successeurs conquièrent le reste du Mexique au xvie s., réalisant l'unité territoriale qu'avaient commencée les Aztèques. Les explorateurs atteignent même le Mississippi et l'Arkansas. Mais les Mayas, protégés par la forêt tropicale, ne se soumettent qu'après une longue lutte (1527-1546), et leurs derniers descendants ne seront éliminés qu'en 1697 ; dans le Nord, bien des tribus resteront indépendantes jusqu'au xxe s., car la Nouvelle-Espagne correspond, pour l'essentiel, au xvie s., au Mexique peuplé par les populations sédentaires qui formaient déjà le noyau de l'Empire aztèque.

Cortés ordonne que l'on détruise et brûle les idoles
Cortés ordonne que l'on détruise et brûle les idoles

En 1524, appelés par Cortés, ont débarqué douze franciscains conduits par frère Martin de Valencia, suivis en 1526 par les dominicains et en 1533 par les augustins. Malgré les limites de leur entreprise (refus d'ordonner les Indiens, par exemple), ces missionnaires vont faire du Mexique un pays de foi intense (culte de Notre-Dame de Guadalupe).

Mais le choc entre les peuples amérindiens et l'Europe a provoqué une catastrophe démographique. Les épidémies, les guerres, le travail forcé et l'effondrement des hiérarchies sociales entraînent la presque disparition de la population indienne.

3. La période coloniale

Antonio de Mendoza
Antonio de Mendoza

Cortés tombé en disgrâce, la Nouvelle-Espagne est gouvernée dès 1528 par des audiencias (Mexico, 1528 ; Guadalajara, 1548) et, à partir de 1535, par un vice-roi chargé de faire appliquer les décisions du Conseil des Indes de Madrid : le premier est Antonio de Mendoza. Les grands administrateurs venus de la métropole se heurtent à l'esprit d'indépendance des colons, dont le pouvoir diminue dès la fin duxvie s. ; l'administration municipale (ayuntamientos ou cabildos) perd rapidement son autonomie (vente et hérédité des charges). Faute d'or, les premiers conquérants se font attribuer des encomiendas (droit aux services gratuits d'un nombre variable d'Indiens ou de villages indigènes) ; Charles Quint condamne, à la demande de Bartolomé de Las Casas, ce système (promulgation des Leyes Nuevas, 1542), qui durera cependant jusqu'au xviie s. La découverte des mines d'argent du Nord (Guanajuato, Zacatecas en 1546) lance les Espagnols hors des frontières du Mexique des agriculteurs sédentaires et fait de la Nouvelle-Espagne le premier producteur d'argent du monde jusqu'aux années 1570. Puis, au début du xviie s., par usurpation sur les ejidos (terres collectives des villages) ou par occupation sans titre de terres rendues vacantes par la chute démographique se constituent les haciendas, cultivées par les péons, liés par leurs dettes, et consacrées aux cultures tropicales : canne à sucre, indigo, cochenille, cacao, maïs. Dans le Nord, exposé aux attaques des nomades, des Espagnols créent, dès le xvie s. ou le xviie s., d'immenses propriétés, les estancias, où les péons cultivent le blé et surtout surveillent d'importants troupeaux de bovins ; au centre de l'estancia s'élève une véritable forteresse, la résidence du maître, qui possède sa garnison personnelle et parfois même sa propre justice.

Taxco de Alarcón
Taxco de Alarcón

Le xviie et la première moitié du xviiie s. apparaissent comme une époque de repliement sur soi et de consolidation. Les mines déclinent, les échanges avec l'Espagne diminuent et la corruption administrative donne aux créoles une relative autonomie de fait. La société mexicaine acquiert certains de ses traits permanents. Au nord domine une société blanche ou métisse, dont le cœur est l'économie minière. C'est le pays du prospecteur et des exploitants des mines, dont certains, fortune faite, s'incorporent à l'aristocratie créole, celui des grands propriétaires d'haciendas d'élevage, avec leurs osts privés, celui des Indiens nomades non soumis et des missionnaires qui évangélisent les tribus sédentaires (le père Kino au Sonora et dans l'Arizona, à la fin du xviie s., et Junipero Serra, plus tard, en Haute-Californie [1769]). Au sud, des communautés indiennes coexistent avec des haciendas et avec des villes, Mexico surtout, où habitent la majorité des Espagnols et des métis (les fonctionnaires royaux, les grands propriétaires fonciers créoles, les mineurs enrichis, les grands marchands des consulats de Mexico et de Veracruz, qui contrôlent le commerce avec l'Espagne, les artisans des corporations et une plèbe urbaine bigarrée et souvent agitée). C'est l'époque aussi où s'affirme l'art mexicain avec ses églises et ses palais – où l'exubérance baroque incorpore des motifs ornementaux indiens –, et où éclôt la perfection classique des écrits de sœur Juana Inès de la Cruz (1651-1695).

La seconde moitié du xviiie s. voit le Mexique devenir de nouveau le premier producteur d'argent du monde, et, par la suite, se développent l'agriculture et le commerce. La population double en 50 ans (6 millions d'habitants en 1800, dont 780 000 Espagnols). Mexico est la plus grande ville de l'Amérique, et ses institutions éducatives (l'Université, fondée en 1551, l'École des mines, fondée en 1782, etc.) sont renommées. À la veille de l'indépendance, la Nouvelle-Espagne vaut à elle seule le reste de l'Empire espagnol.

4. L'indépendance

Agustín de Iturbide
Agustín de Iturbide

Les tensions sociales provoquées par la croissance économique et démographique du Mexique central, et surtout de sa frange minière, deviennent insupportables lors de la crise minière du début du xixe s. Le mécontentement des classes moyennes s'est accru depuis les réformes administratives de 1786 (création de 12 intendances), qui ont diminué, avec l'accroissement du rôle de l'administration royale renouvelée par des fonctionnaires péninsulaires, l'autonomie de fait des élites créoles. L'invasion de l'Espagne par Napoléon en 1808 et la destitution de Ferdinand VIIprovoquent en Espagne et dans tout l'Empire espagnol une réaction de loyalisme, l'éclosion de juntes qui tentent de remplir le vide du pouvoir et un affrontement entre les différents groupes dirigeants de la société coloniale. Au Mexique, la lutte entre les Créoles, qui dominent le cabildo, et les péninsulaires, qui déposent le vice-roi Iturrigaray (septembre 1808) et se réclament de la Junte centrale d'Espagne, est bientôt dépassée par le soulèvement du curé de Dolores, Miguel Hidalgo y Costilla (le 16 septembre 1810). Le cri des insurgés « Vive la Vierge de Guadalupe ! Mort aux Espagnols ! » déclenche une insurrection métisse et indienne qui menace d'emporter tout l'ordre établi (massacre d'Espagnols et de Créoles à Guanajuato et à Valladolid). L'union des élites créoles et péninsulaires se fait contre la révolte. L'armée loyaliste, formée et commandée en sa majorité par des Créoles, écrase les révoltés et fait exécuter Hidalgo (juillet 1811). Mais le soulèvement continue avec Morelos, un curé métis, qui proclame l'indépendance (1813) et n'est pris qu'en 1815. La révolte semble succomber, victime des querelles des chefs encore en lutte, mais l'aristocratie créole et les officiers préfèrent l'indépendance à la révolution libérale qui triomphe en Espagne à partir de 1820. Leur agent, Agustín de Iturbide, placé à la tête de l'armée par le vice-roi, s'entend avec les derniers chefs rebelles, dont Guerrero (plan d'Iguala, ou des Trois Garanties, février 1821) : le catholicisme restera religion d'État ; indépendance ; les Mexicains seront égaux sans distinction de races. Le dernier vice-roi, O'Donojú, qui sera désavoué, reconnaît l'indépendance du Mexique (traité de Córdoba, août 1821).

5. Le Mexique indépendant

5.1. L'instabilité politique

L'indépendance n'ouvre cependant pas une ère de paix et de prospérité. L'industrie minière a été ruinée par la guerre civile, et l'expulsion des Espagnols, en 1829, prive l'Administration et l'économie d'une grande partie de ses cadres. L'égalité civile reste un mythe, et le système foncier ne se modifie pas. Les difficultés financières forcent les gouvernements à recourir à des emprunts auprès des Anglais et des Français. Pendant les trente premières années de son indépendance, le pays connaît l'instabilité politique et le déchaînement des factions. Ainsi Iturbide, sacré empereur en 1822, doit abdiquer une année plus tard devant le soulèvement d'un officier,Antonio López de Santa Anna, qui proclame la république. Ce dernier, qui domine la vie politique jusqu'au milieu du siècle, se maintient au pouvoir par une série de coups d'État. Il joue de la lutte entre conservateurs centralistes et libéraux fédéralistes, qui, majoritaires en 1823, votent la Constitution fédéraliste en 1824. Mais il ne réussit toutefois pas à empêcher la sécession du Texas (1836) ni la désastreuse guerre contre les États-Unis (1846-1848). Au terme de celle-ci, par le traité de Guadalupe Hidalgo (1848), le territoire mexicain se trouve amputé non seulement du Texas mais de la Californie, de l'Arizona et du Nouveau-Mexique.

Benito Pablo Juárez García
Benito Pablo Juárez García

Ce n'est pourtant qu'en 1855 que les libéraux, sous la direction de Benito Juárez, chassent définitivement Antonio López de Santa Anna et entreprennent la Réforme. La propriété collective est supprimée en 1856, tandis que la Constitution libérale de 1857 et d'autres textes juridiques abolissent les privilèges de l'Église et de l'Armée. Les conservateurs se soulèvent, et le pays connaît une nouvelle guerre civile, la « guerre de trois ans » (1858-1861), dont les libéraux, avec l'aide financière et militaire des États-Unis, sortent victorieux. Mais, lorsque Benito Juárez décide de suspendre pour deux ans le paiement des intérêts de la dette extérieure, l'Angleterre, l'Espagne et la France interviennent militairement.

Odilón Ríos, exécution de Maximilien
Odilón Ríos, exécution de Maximilien

Napoléon III, qui souhaite établir en Amérique latine un empire latin et catholique pour barrer l'expansion des États-Unis anglo-saxons et protestants, entreprend la conquête du Mexique(guerre du Mexique) et offre à l'archiducMaximilien d'Autriche le titre d'empereur (1864). N'étant reconnu que par les conservateurs, Maximilien applique pourtant une politique libérale, s'appuyant pour l'essentiel sur la présence des troupes françaises. Il bénéficie également de la non-intervention des États-Unis, accaparés par la guerre de Sécession. Mais, dès la fin de celle-ci, les pressions de Washington entraînent le retrait des troupes françaises, tandis que celles de Juárez, jusqu'alors repliées en territoire américain, reconquièrent rapidement le pays et restaurent la république. Maximilien est fusillé en 1867 à Querétaro.

Le régime républicain est bientôt menacé par l'agitation des généraux vainqueurs et par les dissensions internes qui opposent les libéraux. À la mort de Benito Juárez, en 1872, le Mexique est de nouveau au bord de la guerre civile. Son successeur, Lerdo de Tejada, relance une politique anticléricale, qui provoque le soulèvement des paysans. Il est renversé en 1876 par le général Porfirio Díaz.

5.2. Le porfiriat

Porfirio Díaz
Porfirio Díaz

Tout en respectant les formes constitutionnelles, Porfirio Díaz instaure un pouvoir personnel et gouverne le pays pratiquement sans interruption jusqu'à la révolution de 1910. Il rétablit l'ordre et, à partir des années 1890, place dans les ministères un groupe de technocrates positivistes, lescientíficos, mené par le ministre des Finances, José Yves Limantour. L'économie reprend une progression interrompue depuis soixante ans, une administration publique efficace se met en place et les finances sont assainies. Durant cette période, dite « du porfiriat », la population passe de 9 à 15 millions d'habitants, l'instruction publique se développe, les investissements étrangers affluent. On construit 19 000 km de voies ferrées, ce qui rend possible la création d'un marché interne. L'exploitation minière connaît un essor sans précédent et les industries se développent. Les modernisations économiques et administratives ne modifient cependant pas les structures politiques et sociales. Si le général Díaz brise le pouvoir des grands chefs régionaux, les remplaçant par ses fidèles, il laisse en place celui des chefs locaux. Ces caciques continuent à régner sur la population, la production et le commerce d'un pays encore essentiellement rural et n'obéissent au pouvoir central que contre des avantages négociés. Par ailleurs, pour permettre l'expansion de l'agriculture commerciale, on applique des lois libérales, qui, abolissant la propriété communautaire, déstructurent le système agraire indigène. En 1910, 80 % des paysans, dépossédés de leur terre, constituent la main-d'œuvre bon marché des grandes propriétés foncières.

5.3. La révolution mexicaine : une longue guerre civile

Emiliano ZapataPancho villa wearing bandoliers
Emiliano Zapata                                                       Pancho Villa

Le général Díaz, qui prépare, pour la septième fois, sa propre réélection, rencontre l'opposition du mouvement démocratique dirigé par Francisco Madero. Ce riche propriétaire du Nord, qui a réussi à rassembler une petite classe moyenne, née du développement urbain et industriel et désireuse de participer au jeu politique, lance, en novembre 1910, un appel à l'insurrection armée. Au nord, se soulèvent Doroteo Arango, dit Pancho Villa, et Pascual Orozco, tandis qu'au sud, le métis Emiliano Zapata prend la tête de la révolte des communautés indiennes dépossédées. L'insurrection est victorieuse en mars 1911, pratiquement sans combats, et P. Díaz doit s'exiler. Devenu président, F. Madero essaie de changer la structure politique sans pour autant résoudre le principal problème, celui de la terre. E. Zapata, qui rejette l'autorité de F. Madero, continue la lutte et fixe les objectifs agraires de son mouvement, tandis que P. Orozco reprend le combat dans le Nord en 1912. Débordé par ces rébellions paysannes, le gouvernement suscite par ailleurs l'inquiétude des grands propriétaires fonciers. En février 1913, F. Madero est assassiné lors d'un coup d'État, tandis que le général Victoriano de la Huerta s'empare de la présidence.

Toutefois, un gouverneur porfiriste, l'ancien sénateur Venustiano Carranza, refuse de reconnaître le nouveau pouvoir. Se désignant comme gardien de la légalité, il prend la tête de la faction « constitutionnaliste » (à laquelle se joignent E. Zapata et P Villa), qui bénéficie du soutien militaire des États-Unis. En 1914, V. de la Huerta, face à la défaite de ses troupes, s'exile.

Dès le lendemain de leur victoire, les constitutionnalistes sont la proie de divisions internes : P. Villa et E. Zapata, ayant rompu avec V. Carranza, occupent la capitale en 1914. La faction carranziste, qui connaît des moments difficiles, sort néanmoins victorieuse du conflit : les troupes villistes sont battues par celles d'Álvaro Obregón en 1915, tandis que P. Orozco est abattu. Bien que Zapata poursuive la lutte armée, V. Carranza commence à gouverner le pays. Pour calmer les esprits, il rend à quelques communautés indiennes leurs ejidos accaparés par la Réforme. Il s'assure le soutien des ouvriers par la Constitution de 1917, qui comporte une législation sociale avancée. Mais cette Constitution à tendance socialisante (propriété éminente de la nation sur le sous-sol, laïcité de l'État, inaliénabilité des ejidos) n'est pas appliquée. En 1919, E. Zapata est attiré dans un guet-apens et assassiné, et la réforme agraire est paralysée. Les militaires issus de la révolution, qui détiennent véritablement le pouvoir, entament la « pacification » des campagnes. V. Carranza est renversé et assassiné en 1920.

 

source : larousse

Date de dernière mise à jour : jeudi, 15 Décembre 2016

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